Ce soir, nous sortons des sentiers battus d'Islay et du Speyside, pour nous aventurer dans des recoins inconnus de Dédé et de moi. Nono nous initie donc aux terres d'Orkney, de Campbell Town et du Low Land.
Pour nous accompagner, j'ai rammené d'un petit marché parisien du jambon, des saucissons et de la tome de montagne Corses. Attention, les papilles vont bosser dur ce soir ...
A noter qu'il s'agit aussi de notre première dégustation en compagnie du guide de l'amateur de whisky de Michael Jackson (aucun rapport avec le chanteur homonyme). Ce même guide que l'on retrouve d'ailleurs chez tout bon marchand de spiritueux.
1 - Highland Park, emb. Old Man Cask, 16 ans d'âge, 50% - Single Cask (cask #984, bttle #306) :
Single malt originaire d'Orkney. Belle couleur paille, un peu or.
Nez en bouteille : discret, caramel ou toffee, légère fleur d'oranger, canelle.
Premier nez au verre : poivré, camphré.
Entrée en bouche frappante, bonne attaque sur la langue, il va titiller les papilles. Reste peu en bouche, au profit d'une longue descente le long du gosier. Remontée florale et herbeuse, avec un rappel d'oranger et de gentiane.
C.E.M : les senteurs florales se font plus prononcées. L'orange et la canelle sont du coup aussi de sortie. Le rinçage du verre laisse une légère odeur minérale.
2 - Bladnoch, emb. James Mc Arthur Old Masters, Cask Strength, 12 ans d'âge, 56,1%, Signle Cask (cask #744) :
Celui-ci nous vient des Low Lands.
Couleur pâle, transparent, un poil paillé.
Nez en bouteille mielleux, très léger.
Premier nez : lavande dominante, lilas. De la citronelle remonte derrière.
Très léger en bouche : sec, râpeux, vraiment floral, pas capiteux pour un sou. Belle attaque citronnée sur la langue, descente herbeuse avec une remontée vaporeuse florale.
Impression très rafraichissante en bouche et au nez.
C.E.M : la citronelle prend le dessus.
Rinçage : reste du lilas et de la rose. Catalogué apéritif pour l'été.
3 - Springbank, 100° proof, 10 ans d'âge, 57% :
Oh ooooh !! Voilà un petit salopard venu du Campbell Town !
L'ouverture de la bouteille se fait dans le calme : nez doux et mielleux.
Au verre : pain grillé, beurre. Une pointe de caramel. Belle couleur or foncé, cuivre et ambre.
L'entrée en bouche est une énorme attaque, hors du commun : un peu huilux, gras (beurre), qui disparait très vite au profit d'une montée de sel qui enrobe la bouche. Tranche littéralement la gorge en deux, puis remonte un peu de beurre et de réglisse, enfin du camphre.
Une dernière fois, en conclusion à cela, le réglisse recoule le long de la gorge.
C.E.M : il perd en attaque. Dominante beurre et réglisse. Il perd aussi en sel, ce qui est dommage, car c'est là son trait de caractère le plus séduisant.
Conclusion : contrairement aux Islays, ces trois perles ne méritent pas d'être diluées, car elles perdent de leur caractère particulier.
Thursday, June 22, 2006
Thursday, May 18, 2006
Compte rendu du mercredi 17 mai 2006
Ah, la belle soirée que ce fût ! Pour cette deuxième session, nous nous sommes portés sur un choix restreint à un seul distilleur : Ardbeg. Décision prise parce qu'il se trouve que nous en avons trois versions différentes dans la cave, et que c'est la maison de prédilection de Mr le Président. Et de toute façon, on adore les Islay, et Ardbeg en est l'un des plus nobles représentants, voilà, nah !
Au menu donc, nous avons aligné : un Ardbeg 10 ans d'âge, la version la plus connue et la plus diffusée; un Uigeadail, notre premier blend; un Very Young, de six ans à peine, tout frétillant sous le bouchon.
Afin de mieux accompagner ces Ardbegs, votre dévoué serviteur, Alban, rédacteur et secrétaire par conséquent de ce club, est allé faire quelques emplettes au supermarché du coin pour acheter de quoi se mettre quelque chose sous la dent. Au vu des saveurs fruitées, tourbées et salines des Islay, il m'est apparu judicieux d'étaler ce qui suit sur la table : quelques tranches de saumon d'Ecosse (bah tient !), une sauce crème fraiche avec ciboulette et basilic frais, des émincés de carottes pour faire trempette, des tomates-cerises, un fromage de chèvre frais, et du pain pour l'étalage de tout ça (en l'occurence des ciabattas frais et de l'Irish Soda bread, qui s'accomode très bien avec le saumon et le chèvre. Difficile encore de trouver du pain de campagne ou une bonne baguette en dessous de 3 euros à Londres).
Donc, entre deux bouchées gourmandes, voici les résultats de la soirée :
1 - Ardbeg, 10 ans, 46 % :
Nez très léger en ouverture, avec une forte odeur boisée.
En verre : sens le citron, la tourbe et le camphre. Langue légèrement huileuse en entrée (bout de langue), et se développe en bouche, jusque sur les bords avec une attaque salée sur les papilles notament. Très court en descente, il est sec une fois passé.
Nono et Dédé : thym et un peu de caramel en gorge. Le boisé (chêne) disparait au profit de la tourbe.
2 - Ardbeg Uigeadail (Oo-ga-dal), blend non âgé, 54.2% :
Ce whisky restera pour nous trois une nouvelle référence, un repère immuable dans la vaste population des single malts. Pour moi (Alban), il est un de mes trois whiskies préférés.
Le choc s'accuse dès l'ouverture de la bouteille : nez très rond et tout en douceur, cerise, très fruité et sucré.
Au verre : le premier nez est très difficile, il augure d'un whisky complexe, dont la structure ne se révèlera que dans le temps, après moults dégustations. Du moins une chose est sûre : il est fort en alcool, et ne le cache pas !
Nono : odeur de chien mouillé, nez pas très flatteur de prime abord.
A la dégustation : descente longue, il s'étend jusqu'à l'estomac. Très complet, il a beaucoup de mordant. Attaque volcanique, explosive en bouche : camphre, poivre, disparition presque totale des agrumes détectés au premier nez (orange, citron omniprésents dans la bouteille précédente - Ardbeg 10 ans). Enorme remontée nasale, coulée de lave dans l'oesophage. Palais tapissé de camphre, de poivre et d'une pointe de cherry après passage du breuvage.
Coupé avec un peu d'eau minérale (C.E.M) : menthe et poivre, amère au palais.
Au vu de sa très forte attaque dès l'entrée en bouche, et de son caractère unique, il est classé dans les digestifs idéaux pour les repas d'automne/hiver.
3 - Ardbeg Very Young, 6 ans d'âge, 58,3% :
On a perdu le président !! Trop d'Ardbeg n'est pas bon pour un président, qu'on se le dise ...
Ouverture de bouteille : très léger, fruité, discret. Vanille, un poil boisé.
Premier nez : attaque progressive, discret au départ, il développe de sa puissance.
Entrée en bouche : coup de fouet au camphre, vanille. Attaque très verticale (langue - haut du palais), il ne se répand pas sur les côtés, même si on le garde en bouche.
En le faisant voyager, il s'attaque constament au haut du palais.
Alban et Dédé : gros retour de camphre dans les sinus.
Nono : puissant, frais.
Dédé : caramel très léger en retour.
Alban : aspèrge ou choux de Bruxelles. Caramel et légère amertume.
Tous : poivré en odeur, salé en bouche après un second nez.
C.E.M : le camphre vire au clou de girofle.
Catégorisé apéritif, estival.
Au menu donc, nous avons aligné : un Ardbeg 10 ans d'âge, la version la plus connue et la plus diffusée; un Uigeadail, notre premier blend; un Very Young, de six ans à peine, tout frétillant sous le bouchon.
Afin de mieux accompagner ces Ardbegs, votre dévoué serviteur, Alban, rédacteur et secrétaire par conséquent de ce club, est allé faire quelques emplettes au supermarché du coin pour acheter de quoi se mettre quelque chose sous la dent. Au vu des saveurs fruitées, tourbées et salines des Islay, il m'est apparu judicieux d'étaler ce qui suit sur la table : quelques tranches de saumon d'Ecosse (bah tient !), une sauce crème fraiche avec ciboulette et basilic frais, des émincés de carottes pour faire trempette, des tomates-cerises, un fromage de chèvre frais, et du pain pour l'étalage de tout ça (en l'occurence des ciabattas frais et de l'Irish Soda bread, qui s'accomode très bien avec le saumon et le chèvre. Difficile encore de trouver du pain de campagne ou une bonne baguette en dessous de 3 euros à Londres).
Donc, entre deux bouchées gourmandes, voici les résultats de la soirée :
1 - Ardbeg, 10 ans, 46 % :
Nez très léger en ouverture, avec une forte odeur boisée.
En verre : sens le citron, la tourbe et le camphre. Langue légèrement huileuse en entrée (bout de langue), et se développe en bouche, jusque sur les bords avec une attaque salée sur les papilles notament. Très court en descente, il est sec une fois passé.
Nono et Dédé : thym et un peu de caramel en gorge. Le boisé (chêne) disparait au profit de la tourbe.
2 - Ardbeg Uigeadail (Oo-ga-dal), blend non âgé, 54.2% :
Ce whisky restera pour nous trois une nouvelle référence, un repère immuable dans la vaste population des single malts. Pour moi (Alban), il est un de mes trois whiskies préférés.
Le choc s'accuse dès l'ouverture de la bouteille : nez très rond et tout en douceur, cerise, très fruité et sucré.
Au verre : le premier nez est très difficile, il augure d'un whisky complexe, dont la structure ne se révèlera que dans le temps, après moults dégustations. Du moins une chose est sûre : il est fort en alcool, et ne le cache pas !
Nono : odeur de chien mouillé, nez pas très flatteur de prime abord.
A la dégustation : descente longue, il s'étend jusqu'à l'estomac. Très complet, il a beaucoup de mordant. Attaque volcanique, explosive en bouche : camphre, poivre, disparition presque totale des agrumes détectés au premier nez (orange, citron omniprésents dans la bouteille précédente - Ardbeg 10 ans). Enorme remontée nasale, coulée de lave dans l'oesophage. Palais tapissé de camphre, de poivre et d'une pointe de cherry après passage du breuvage.
Coupé avec un peu d'eau minérale (C.E.M) : menthe et poivre, amère au palais.
Au vu de sa très forte attaque dès l'entrée en bouche, et de son caractère unique, il est classé dans les digestifs idéaux pour les repas d'automne/hiver.
3 - Ardbeg Very Young, 6 ans d'âge, 58,3% :
On a perdu le président !! Trop d'Ardbeg n'est pas bon pour un président, qu'on se le dise ...
Ouverture de bouteille : très léger, fruité, discret. Vanille, un poil boisé.
Premier nez : attaque progressive, discret au départ, il développe de sa puissance.
Entrée en bouche : coup de fouet au camphre, vanille. Attaque très verticale (langue - haut du palais), il ne se répand pas sur les côtés, même si on le garde en bouche.
En le faisant voyager, il s'attaque constament au haut du palais.
Alban et Dédé : gros retour de camphre dans les sinus.
Nono : puissant, frais.
Dédé : caramel très léger en retour.
Alban : aspèrge ou choux de Bruxelles. Caramel et légère amertume.
Tous : poivré en odeur, salé en bouche après un second nez.
C.E.M : le camphre vire au clou de girofle.
Catégorisé apéritif, estival.
Monday, May 08, 2006
Expérience du dimanche
Parlons peu mais bien, voici une expérience que je vous recommande d'essayer :
- Prenez un Lagavullin 16 ans d'age.
- Prenez quelques tranches de saumon d'Ecosse (ou de Norvege, mais de préférence un saumon fumé), du citron, quelques tranches de pain de campagne grillé, et une sauce a tartiner a base de creme fraiche, de persil et de ciboulette (ail en option).
Tartiner le solide dans l'ordre suivant : creme fraiche aux herbes sur le pain grillé, puis saumon en tranches fines et délicates par dessus, le tout finalement arrosé de citron.
S'en enfourner autant que de raisonnable, en sirotant son Laga. C'est a en rester béhat d'admiration. Je n'avais jamais encore essayé le saumon fumé avec un Islay, et ben ca déchire !!
Alban
PS : Le Lagavullin 16 ans d'age reste un de ceux que l'on trouve a prix tres raisonnable (aux alentours de 30 euros) chez Nicolas ou Auchan.
- Prenez un Lagavullin 16 ans d'age.
- Prenez quelques tranches de saumon d'Ecosse (ou de Norvege, mais de préférence un saumon fumé), du citron, quelques tranches de pain de campagne grillé, et une sauce a tartiner a base de creme fraiche, de persil et de ciboulette (ail en option).
Tartiner le solide dans l'ordre suivant : creme fraiche aux herbes sur le pain grillé, puis saumon en tranches fines et délicates par dessus, le tout finalement arrosé de citron.
S'en enfourner autant que de raisonnable, en sirotant son Laga. C'est a en rester béhat d'admiration. Je n'avais jamais encore essayé le saumon fumé avec un Islay, et ben ca déchire !!
Alban
PS : Le Lagavullin 16 ans d'age reste un de ceux que l'on trouve a prix tres raisonnable (aux alentours de 30 euros) chez Nicolas ou Auchan.
Friday, May 05, 2006
Compte rendu du mercredi 3 mai 2006
Ce fût donc l'ouverture officielle de ce club nouvellement créé, le A3WC (Arnaud-André-Alban Whisky Club), ouverture dont le faste et le cérémoniel n'aura rien eu à envier aux plus grandes manifestations de nos capitales chéries (Paris et Londres).
Pour marquer ce début pour le moins marquant, nous nous sommes rendus dans deux échoppes de Londres, pour achalander un peu plus la cave dont on souhaite qu'avec le temps elle garnisse un mur complet de l'appartement.
Dans l'ordre, nous allâmes à :
- Royal Mile Whiskies, 3 Bloomsbury Street, London WC1B 3QE
- The Vintage House, 42 Old Compton Street, London W1D 4LR
Nous en revînmes avec quelques bouteilles, dont certaines feront l'objet de la première dégustation le soir même. Pour cela, passons de suite au plus important : le compte-rendu de la soirée.
1 - Gordon & MacPhail, Mortlach, 15 ans, 40 % :
Nez intéressant. Huileux lors de la mise en bouche.
André : léger arôme (indéfini) en fond de gorge.
Arnaud - Alban : pas d'arôme, terne.
Conclusion : le premier de la soirée, décevant. Il fera l'occasion d'une autre dégustation, pour tenter de le redéfinir, et peut-être découvrir ses arômes dans d'autres conditions.
A titre de comparaison, voici le commentaire de Gordon & MacPhail :
2 - Redbreast, 12 ans, 40% :
Un grand classique Irlandais particulièrement connu et apprécié par Arnaud et Alban.
Nez boisé, pointe de banane (ou vanille). Banane que l'on retrouve au goût, avec la pointe boisée en accompagnement. Développe ensuite un arôme fruité (pomme verte).
Conclusion : un whisky apprécié, certes sans grande surprise, mais qui reste une valeur sûre. Bien en ouverture du fait de sa légèreté.
3 - Signatory Vintage, Edradour, 10 ans, 46%, Single Cask n°337 (bottle 1 of 809) :
Senteur surprenante dès l'ouverture de la bouteille. Le premier nez révèle du caramel, réglisse et une très légère pointe de banane.
Passage en bouche très long, tapisse ensuite la gorge de caramel. S'ensuit une aussi longue remontée mentholée (anisée) dans les sinus, et les papilles sur les côtés de la bouche restent excitée pendant longtemps. Le haut de la bouche (palais et sinus) garde pendant toute la dégustation le goût mentholé.
Le second nez est toujours caramélisé, mais révèle maintenant l'aspect mentholé. En fin de dégustation, le menthol se révèle dès l'entrée en bouche, puis reste sur la langue une forte sensation de réglisse.
Huileux en entrée, il laisse les sensations d'un sec en fin de parcours.
Rinçage de verre : goût de réglisse.
Conclusion : une balle sans nom. On adore. Les commentaires reflètent d'ailleurs que nous n'avons pas tari d'éloges pour cette excellente bouteille pendant toute la dégustation.
4 - Mortlach, 13 ans, Cask Strength w/ Cherry finish, 57,8% (bottle 1 of 324) :
Attention : on attaque les sévères. Le degré d'alcool ne laisse présager rien de bon. Calés dans nos fauteuils, nous nous attendons à un premier coup de matraque.
Joli nez en ouverture de bouteille. Forte senteur de cherry (cerise, donc), les sinus étant enrobés comme avec du camphre. Senteurs très médicinales.
Enrée piquante et sèche (détonnante) en bouche. Révélation de noix et noisettes une fois passé en gorge, le goût restant prégnant le reste de la dégustation. Reste en arrière-plan les saveurs du cherry.
Alban : sec.
Arnaud - André : petite touche huileuse en entrée.
Conclusion : complexe et riche dans sa structure, il n'a pas la force de frappe escomptée, et reste étrangement doux en bouche. Il met cependant un peu de temps à révéler des senteurs automnales (noix, noisette, marron), qui restent omniprésentes avec le cherry sur la longueur.
5 - The Old Man Cask, Talisker Tactical, April 1982 (23 ans !), 50%, Single Cask (bottle 1 of 293) :
Le grand sacrifice du mois. Arnaud et Alban se sont mis à deux pour l'acheter, et ainsi marquer d'un grand coup les débuts de notre club. Un achat qui s'avérera largement à la hauteur de toute attente.
Ce whisky est à lui seul un forêt en automne, après la pluie.
Il révèle un nez très boisé et poivré dès l'ouverture de la bouteille, signe évident que l'on a bien à faire au légendaire occupant de l'île de Skye.
Le premier nez est très poivré. L'entrée en bouche a une attaque volcanique, les papilles puis l'ensemble de la tête chauffent légèrement.
Arôme poivré également, puis très courte remontée fruitée et mentholée dans les sinus, depuis la gorge. Une fois ce cataclysme des sens passé, il reste un très fort goût de tourbe enrobant la gorge, sensation d'ailleurs ô combien agréable. Il développe également un léger goût salin, rappelant la mer, mais certes beaucoup plus subtil et discret que la saveur iodée des Islay.
Conclusion : une magnifique fin de dégustation. Complexe, riche en émotions, il nous reste beaucoup à découvrir de ce whisky, qui annonce un aspect vanillé en arrière-plan demandant à être approfondi.
Voilà pour cette dégustation. Pour les suivantes, il a été décidé à l'unanimité de s'en tenir à deux, voir trois whisky différents par séance, cinq étant beaucoup trop. Loin d'être bourrés, nous en sommes ressortis fatigués, et la tête chauffée, ce qui nous a dissuadé de découvrir les autres bouteilles de la cave, de peur de ne plus pouvoir les apprécier d'en avoir les sens émechés.
- The A3WC -
Pour marquer ce début pour le moins marquant, nous nous sommes rendus dans deux échoppes de Londres, pour achalander un peu plus la cave dont on souhaite qu'avec le temps elle garnisse un mur complet de l'appartement.
Dans l'ordre, nous allâmes à :
- Royal Mile Whiskies, 3 Bloomsbury Street, London WC1B 3QE
- The Vintage House, 42 Old Compton Street, London W1D 4LR
Nous en revînmes avec quelques bouteilles, dont certaines feront l'objet de la première dégustation le soir même. Pour cela, passons de suite au plus important : le compte-rendu de la soirée.
1 - Gordon & MacPhail, Mortlach, 15 ans, 40 % :
Nez intéressant. Huileux lors de la mise en bouche.
André : léger arôme (indéfini) en fond de gorge.
Arnaud - Alban : pas d'arôme, terne.
Conclusion : le premier de la soirée, décevant. Il fera l'occasion d'une autre dégustation, pour tenter de le redéfinir, et peut-être découvrir ses arômes dans d'autres conditions.
A titre de comparaison, voici le commentaire de Gordon & MacPhail :
Undiluted :
Nose : Mulled fruit with cereal/oatmeal aromas.
Subtle floral (geranium) hints.
Palate : Sweet sherrywood with rich fruit flavours and a spicy, treacle note.
With water :
Nose : Rich fruit cake aroma - orange peel with a smoky edge.
Palate : Fruity with sweet, spicy edge and charred oak.
2 - Redbreast, 12 ans, 40% :
Un grand classique Irlandais particulièrement connu et apprécié par Arnaud et Alban.
Nez boisé, pointe de banane (ou vanille). Banane que l'on retrouve au goût, avec la pointe boisée en accompagnement. Développe ensuite un arôme fruité (pomme verte).
Conclusion : un whisky apprécié, certes sans grande surprise, mais qui reste une valeur sûre. Bien en ouverture du fait de sa légèreté.
3 - Signatory Vintage, Edradour, 10 ans, 46%, Single Cask n°337 (bottle 1 of 809) :
Senteur surprenante dès l'ouverture de la bouteille. Le premier nez révèle du caramel, réglisse et une très légère pointe de banane.
Passage en bouche très long, tapisse ensuite la gorge de caramel. S'ensuit une aussi longue remontée mentholée (anisée) dans les sinus, et les papilles sur les côtés de la bouche restent excitée pendant longtemps. Le haut de la bouche (palais et sinus) garde pendant toute la dégustation le goût mentholé.
Le second nez est toujours caramélisé, mais révèle maintenant l'aspect mentholé. En fin de dégustation, le menthol se révèle dès l'entrée en bouche, puis reste sur la langue une forte sensation de réglisse.
Huileux en entrée, il laisse les sensations d'un sec en fin de parcours.
Rinçage de verre : goût de réglisse.
Conclusion : une balle sans nom. On adore. Les commentaires reflètent d'ailleurs que nous n'avons pas tari d'éloges pour cette excellente bouteille pendant toute la dégustation.
4 - Mortlach, 13 ans, Cask Strength w/ Cherry finish, 57,8% (bottle 1 of 324) :
Attention : on attaque les sévères. Le degré d'alcool ne laisse présager rien de bon. Calés dans nos fauteuils, nous nous attendons à un premier coup de matraque.
Joli nez en ouverture de bouteille. Forte senteur de cherry (cerise, donc), les sinus étant enrobés comme avec du camphre. Senteurs très médicinales.
Enrée piquante et sèche (détonnante) en bouche. Révélation de noix et noisettes une fois passé en gorge, le goût restant prégnant le reste de la dégustation. Reste en arrière-plan les saveurs du cherry.
Alban : sec.
Arnaud - André : petite touche huileuse en entrée.
Conclusion : complexe et riche dans sa structure, il n'a pas la force de frappe escomptée, et reste étrangement doux en bouche. Il met cependant un peu de temps à révéler des senteurs automnales (noix, noisette, marron), qui restent omniprésentes avec le cherry sur la longueur.
5 - The Old Man Cask, Talisker Tactical, April 1982 (23 ans !), 50%, Single Cask (bottle 1 of 293) :
Le grand sacrifice du mois. Arnaud et Alban se sont mis à deux pour l'acheter, et ainsi marquer d'un grand coup les débuts de notre club. Un achat qui s'avérera largement à la hauteur de toute attente.
Ce whisky est à lui seul un forêt en automne, après la pluie.
Il révèle un nez très boisé et poivré dès l'ouverture de la bouteille, signe évident que l'on a bien à faire au légendaire occupant de l'île de Skye.
Le premier nez est très poivré. L'entrée en bouche a une attaque volcanique, les papilles puis l'ensemble de la tête chauffent légèrement.
Arôme poivré également, puis très courte remontée fruitée et mentholée dans les sinus, depuis la gorge. Une fois ce cataclysme des sens passé, il reste un très fort goût de tourbe enrobant la gorge, sensation d'ailleurs ô combien agréable. Il développe également un léger goût salin, rappelant la mer, mais certes beaucoup plus subtil et discret que la saveur iodée des Islay.
Conclusion : une magnifique fin de dégustation. Complexe, riche en émotions, il nous reste beaucoup à découvrir de ce whisky, qui annonce un aspect vanillé en arrière-plan demandant à être approfondi.
Voilà pour cette dégustation. Pour les suivantes, il a été décidé à l'unanimité de s'en tenir à deux, voir trois whisky différents par séance, cinq étant beaucoup trop. Loin d'être bourrés, nous en sommes ressortis fatigués, et la tête chauffée, ce qui nous a dissuadé de découvrir les autres bouteilles de la cave, de peur de ne plus pouvoir les apprécier d'en avoir les sens émechés.
- The A3WC -
Thursday, May 04, 2006
Le Premier RDV du A3WC
Subscribe to:
Posts (Atom)