Thursday, May 18, 2006

Compte rendu du mercredi 17 mai 2006

Ah, la belle soirée que ce fût ! Pour cette deuxième session, nous nous sommes portés sur un choix restreint à un seul distilleur : Ardbeg. Décision prise parce qu'il se trouve que nous en avons trois versions différentes dans la cave, et que c'est la maison de prédilection de Mr le Président. Et de toute façon, on adore les Islay, et Ardbeg en est l'un des plus nobles représentants, voilà, nah !

Au menu donc, nous avons aligné : un Ardbeg 10 ans d'âge, la version la plus connue et la plus diffusée; un Uigeadail, notre premier blend; un Very Young, de six ans à peine, tout frétillant sous le bouchon.

Afin de mieux accompagner ces Ardbegs, votre dévoué serviteur, Alban, rédacteur et secrétaire par conséquent de ce club, est allé faire quelques emplettes au supermarché du coin pour acheter de quoi se mettre quelque chose sous la dent. Au vu des saveurs fruitées, tourbées et salines des Islay, il m'est apparu judicieux d'étaler ce qui suit sur la table : quelques tranches de saumon d'Ecosse (bah tient !), une sauce crème fraiche avec ciboulette et basilic frais, des émincés de carottes pour faire trempette, des tomates-cerises, un fromage de chèvre frais, et du pain pour l'étalage de tout ça (en l'occurence des ciabattas frais et de l'Irish Soda bread, qui s'accomode très bien avec le saumon et le chèvre. Difficile encore de trouver du pain de campagne ou une bonne baguette en dessous de 3 euros à Londres).

Donc, entre deux bouchées gourmandes, voici les résultats de la soirée :

1 - Ardbeg, 10 ans, 46 % :

Nez très léger en ouverture, avec une forte odeur boisée.
En verre : sens le citron, la tourbe et le camphre. Langue légèrement huileuse en entrée (bout de langue), et se développe en bouche, jusque sur les bords avec une attaque salée sur les papilles notament. Très court en descente, il est sec une fois passé.
Nono et Dédé : thym et un peu de caramel en gorge. Le boisé (chêne) disparait au profit de la tourbe.

2 - Ardbeg Uigeadail (Oo-ga-dal), blend non âgé, 54.2% :

Ce whisky restera pour nous trois une nouvelle référence, un repère immuable dans la vaste population des single malts. Pour moi (Alban), il est un de mes trois whiskies préférés.

Le choc s'accuse dès l'ouverture de la bouteille : nez très rond et tout en douceur, cerise, très fruité et sucré.
Au verre : le premier nez est très difficile, il augure d'un whisky complexe, dont la structure ne se révèlera que dans le temps, après moults dégustations. Du moins une chose est sûre : il est fort en alcool, et ne le cache pas !
Nono : odeur de chien mouillé, nez pas très flatteur de prime abord.
A la dégustation : descente longue, il s'étend jusqu'à l'estomac. Très complet, il a beaucoup de mordant. Attaque volcanique, explosive en bouche : camphre, poivre, disparition presque totale des agrumes détectés au premier nez (orange, citron omniprésents dans la bouteille précédente - Ardbeg 10 ans). Enorme remontée nasale, coulée de lave dans l'oesophage. Palais tapissé de camphre, de poivre et d'une pointe de cherry après passage du breuvage.
Coupé avec un peu d'eau minérale (C.E.M) : menthe et poivre, amère au palais.

Au vu de sa très forte attaque dès l'entrée en bouche, et de son caractère unique, il est classé dans les digestifs idéaux pour les repas d'automne/hiver.

3 - Ardbeg Very Young, 6 ans d'âge, 58,3% :

On a perdu le président !! Trop d'Ardbeg n'est pas bon pour un président, qu'on se le dise ...

Ouverture de bouteille : très léger, fruité, discret. Vanille, un poil boisé.
Premier nez : attaque progressive, discret au départ, il développe de sa puissance.
Entrée en bouche : coup de fouet au camphre, vanille. Attaque très verticale (langue - haut du palais), il ne se répand pas sur les côtés, même si on le garde en bouche.
En le faisant voyager, il s'attaque constament au haut du palais.
Alban et Dédé : gros retour de camphre dans les sinus.
Nono : puissant, frais.
Dédé : caramel très léger en retour.
Alban : aspèrge ou choux de Bruxelles. Caramel et légère amertume.
Tous : poivré en odeur, salé en bouche après un second nez.
C.E.M : le camphre vire au clou de girofle.

Catégorisé apéritif, estival.

No comments: